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avril
17

Classe passerelle est le deuxième billet d’une courte série consacrée à l’école préscolaire. Si vous avez manqué le premier, il est disponible ici. Pour faire court, j’y évoquais une étape de l’éducation des enfants considérée sans importance et ainsi reléguée au dernier plan : le pré primaire. Pour autant, c’est au sein de ces écoles de transition que l’enfant expérimente le monde qui l’entoure. Bien que consacré à ces écoles d’observation, ce deuxième opus met en relief les chiffres récents sur le sujet et donne des pistes de réflexion.

Photo by Tina Floersch on Unsplash

L’école est sans aucun doute l’échec le plus retentissant de l’Afrique en matière de développement.

Zéphirin DIABRE, ancien directeur adjoint du PNUD au Burkina Faso.

Cette affirmation ne devrait trouver aucun contradicteur parmi l’opinion. Car la décadence de nos écosystèmes éducatifs n’a visiblement échappé à personne. À regarder de près les chiffres 2019 de l’UNICEF sur l’enseignement pré primaire, je constate amèrement que les enfants payent tribut de nos systèmes éducatifs inégalitaires. Quoique je le susse déjà mais bon certaines inégalités surprennent toujours.

Que disent les chiffres de l’enseignement préscolaire au global ?

Le rapport de l’UNICEF reste muet sur les données ventilées par pays. Cela étant, certaines données peuvent être exploitées. Comme le fait que plus de 175 millions d’enfants, soit près de 50% des enfants d’âge préscolaire dans le monde, ne soient pas inscrits dans les établissements pré primaires. Plus parlant, dans 64 pays les enfants les plus démunis ont 7 fois moins de chances de participer à des activités d’éducation préscolaire que les enfants issus des familles les plus aisées. De plus, 2 enfants en âge de fréquenter l’enseignement pré primaire sur 10 étaient scolarisés dans les pays en développement. Encore plus criant, les enfants inscrits dans une structure d’enseignement pré primaire ont au moins 2 fois plus de chances de savoir lire, écrire et compter plus tôt que les enfants qui n’ont pas bénéficié d’un apprentissage préscolaire. Et pour couronner le tout, les enfants vivant en zone urbaine ont 2,5 fois plus de chances de participer à des programmes d’éducation préscolaire que ceux des zones rurales.

Et que disent-elles de l’Afrique de l’Ouest ? 

L’Afrique de l’Ouest et centrale alloue 2,5 % du budget de l’éducation à l’enseignement pré primaire. 70 % des enfants de la région ne bénéficient pas d’une éducation préscolaire. Près d’1/4 des enfants en âge de fréquenter l’enseignement pré primaire vivent dans un pays touché par une situation d’urgence. Les enfants dont la mère a terminé au moins l’enseignement secondaire ont près de 5 fois plus de chances de participer à un programme d’éducation préscolaire que les enfants dont la mère n’est pas allée au-delà du primaire ou ne dispose d’aucune éducation formelle.

Mon avis : l’étape pré scolaire de l’éducation reste encore court-circuitée par la plupart des pays du globe. Ce manquement est d’autant plus profond lorsque l’enfant naît dans un pays du tiers-monde et dans un foyer qui souffre de plusieurs privations matérielles. D’aucuns lésinent encore sur les budgets à consacrer à l’éducation des enfants. De toute évidence, les nations oublient délibérément qu’investir aujourd’hui dans toutes les étapes de l’éducation d’un enfant, c’est l’armer pour combattre les inégalités professionnelles du monde contemporain.

Faut-il reformer les reformes en Guinée ?

Les prévisions du Global Partnership sont encourageantes même si le niveau de pré scolarisation demeure faible par rapport à la population en âge d’être scolarisée. Le taux brut de pré scolarisation au pré primaire était de 14,7% en 2017 contre 13.2% en 2015. Une légère hausse par rapport à 2012 (10.7%). Comme si elle était consciente de son manque d’investissements dans l’éducation de la petite enfance, la Guinée s’est donnée comme objectif d’atteindre 20% de pré scolarisation en 2022 contre, de réduire à 30 le nombre de pupilles par classe et enfin de combler l’écart de pré scolarisation entre les villes et les campagnes. Toutes ces mesures sont tirées du nouveau plan sectoriel de la Guinée. Un plan à plus de 218 055 dollars.

Mon avis sur cette politique sectorielle de la Guinée !

Somme toute, j’en retire que l’environnement pré scolaire guinéen a des besoins importants en infrastructures, matériels et personnels. Autant, les efforts d’amélioration vont dans le bon sens autant le système éducatif guinéen dans l’ensemble demeure incomplet et inégalitaire. Devant ce constat, il fait nul doute que toutes les réformes devaient être reformées. Ce qui voudrait dire qu’elles devraient incarner un renouveau et s’inscrire dans des actions ciblées et ponctuelles. Je prends comme exemple la dotation de toutes les écoles publiques et privées en ouvrages scolaires promise par le gouvernement en 2018. Au-delà de la manœuvre électorale latente, j’ai trouvé à l’époque la démarche louable. En revanche, force est de constater l’inanité de la mesure annoncée depuis deux ans car certaines structures se plaignent de la rareté des dotations promises. Quoi qu’il en soit, attendons 2022 pour pouvoir en juger !

Propositions, suggestions ou recommandations ?

Sans vous inonder de détails, ma proposition consiste à accorder des allocations aux écoles publiques pour se doter de classes préscolaires. J’ignore encore le modus operandi. En revanche, il m’apparaît clairement que ces fonds seront alloués de plusieurs manières. L’argent servira à créer des structures d’accueil préscolaires publiques ; dédouaner les familles pauvres du paiement des fournitures scolaires requises ; former l’équipe pédagogique à la pratique d’une éducation centrée et bienveillante ; réhabiliter certains édifices pré primaires… 

Je m’explique : l’État serait de facto un investisseur comme tant d’autres. Les établissements préscolaires seraient seuls responsables de la construction et de l’aménagement des espaces préscolaires, de la conduite du projet et de l’évaluation des programmes. Il y aura bien évidemment une autorité de contrôle mais indépendamment de l’intervention étatique. L’aspect pécuniaire (coût élevé des écoles et faible pouvoir d’achat familles) est souvent mis en avant notamment pour justifier le choix des parents de ne pas inscrire leurs progénitures à l’école préscolaire. Dans cette configuration, la mission qui incomberait aux familles serait de procéder à l’inscription de l’enfant dès l’âge de 3 ans. Ce qui les exempteraient de tous les frais d’inscription et des achats de matériels nécessaires à la pré scolarisation.

Action citoyenne : pour une convergence d’idées ?

Qu’il est facile de jeter l’opprobre ! Je l’entends bien. Que pouvons-nous faire en tant que citoyen ? Personne ne devrait se délester de ses responsabilités. Les jeunes professionnels d’aujourd’hui ont tous une obligation envers les générations futures. Nous devons donner le la en investissant (tous) ensemble dans l’éducation guinéenne ? Et si on construisait ensemble cette école que l’on idéalise pour nos enfants ? À quoi ressemblerait-elle d’ailleurs ? Quand j’y pense, J’entrevois une école où les activités manuelles seraient au centre de chaque apprentissage. Une école qui aiderait l’enfant à travailler sa main. Je reste convaincue qu’en dehors de l’apprentissage théorique, les travaux manuels devraient absolument être valorisés dans toutes les sphères de l’enseignement. 

Qu’en pensez-vous ?

Parce que le bien-être des enfants et des femmes est sacré.

lgednancy

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